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28.01.2012

Les oiseaux - la mésange charbonnière (1)

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Une histoire de mésange

J'ai une histoire à raconter.

Il y a quelques temps, deux ans je crois, c'était le printemps. Un beau matin un oiseau est entré dans la chambre de mon fils. Une jeune mésange, encore un bébé. Ce devait être son premier vol et, pas de chance, le voilà qui atterrit dans une maison, erreur de pilotage. Mon fils devait partir en cours, donc il me dit de m'occuper de l'oiseau.

Je connais les petits oiseaux, j'en ai recueilli plein quand j'étais enfant, des sauvés des chats et autres cas sociaux. On s'y attache mais ils meurent tous car ils ont des maladies qu'on ignore. Donc celui là je le regarde d'un œil perplexe en me disant qu'il va pas faire long feu : son bec ressemble encore au maquillage des clowns, tragico-comique. Mais mon fils m'a confié une mission, je dois l'accomplir. Toute la journée je le nourris avec ce que je peux : lait, miettes, jaune d'œuf. Il reprend du poil de la bête, enfin de la plume.

Le soir toute la famille admire ce petit clown. Quand il a faim, ce qui revient tout le temps, il ouvre le bec grand et se met à vibrer comme mon téléphone. Jour après jour il forcit. Il se perche sur nos épaules, volète dans la maison, jamais enfermé, il me pince les lèvres et nous picore les lobes d'oreille, se perche sur la théière car elle est chaude. Bref, nous adorons cet oiseau. Comme nous ne voulons pas le garder à vie, les fenêtres restent ouvertes et évidemment, un beau jour il sort.

C'est étrange, car il revient se percher sur nos épaules dès on l'appelle. C'est magique : quand je passe dans la rue, je prononce son nom et le voilà qui quitte les tilleuls et se perche sur mon épaule. Comme dans le paradis vanté par les témoins de Jéhovah : l'homme et l'oiseau sont libres et ils s'aiment d'amour vrai.

Mais un jour la mésange ne revient pas. J'ai beau l'appeler, rien, pas de réponse (car même son chant m'était devenu familier). Alors je console les enfants mais je sens au fond de moi une très grande tristesse. J'imagine que la mésange est morte, trahie par la confiance qu'elle a mis dans les hommes, ou mangée par un chat. Ma peine dure longtemps, je me reproche de l'avoir ainsi apprivoisée (comme dans Saint Ex, le renard).

Un jour, plusieurs semaines plus tard, sur notre terrasse se pose une mésange adulte. Moins farouche que ses congénères elle se laisse voir sans s'envoler. C'est elle, MA MÉSANGE. Elle s'envole au bout de quelques secondes mais c'est bien elle, elle est revenue et ne reviendra plus jamais. Elle est retournée dans son monde d'oiseau, mais une dernière fois elle a bien voulu de notre fraternité.

Mon amour est ainsi, jamais enfermé toujours libre. On enferme pas les mésanges, au risque de les tuer, on les laisse libre, au risque de les perdre. Mon amour, je l'ai rendu à son monde et il s'est envolé, Dieu le garde. Peut être qu'un jour il reviendra se poser sur mon balcon pour me montrer ce qu'il est devenu.
 
 
 
 
 
 
Un beau blog à visiter
 

00:32 Écrit par mel-and-tof | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) |  Facebook